En marge de son travail d’atelier, le peintre Delène – Bartholdi nous offre dans l’intimité des plus belles pages de ses carnets de voyages, des esquisses, des couleurs et des mots, des réflexions et des pensées sur ses papiers d’exil.

 

           Ce sont autant de notes essentielles qui composent une œuvre autonome, même si chacun le sait, elle est intimement liée à son travail le plus abstrait sur la mémoire existante entre l’Orient et l’Occident.

Parce qu’il y a la voix et puis l’écho que l’on interprète.

Lorsque l’on questionne le peintre sur le choix du dessin plutôt que celui de la photographie (plus rapide)… il n’hésite pas à dire que le photographe dérobe souvent la photo à l’insu du modèle.

Il ajoute que les rencontres dont il nous propose le partage, entre l’Afrique, le Sahara jusqu’aux routes de la soie, nécessite un approfondissement de la subtilité des rapports humains, le respect des valeurs et des coutumes, l’apprentissage de la langue d’un Orient que la peinture tente de mieux comprendre au cœur de cette histoire de famille. C’est aussi une forme de réconciliation ; n’oublions pas que tous les grands peintres, depuis et avant

Eugène Delacroix, nous ont précédé dans cette approche d’un monde sensible.

Si les paysages sont rares dans ses carnets, c’est bien de l’homme dont il nous parle. Sur la périphérie de chacune de ces pages, les mots prononcés par les touaregs du Tassili ont la même pertinence que ceux du cavalier des steppes du Kazakhstan. Car le peintre est forcément complice. Voyager pour peindre, peindre pour voyager, c’est aller vers l’autre, prendre le temps d’écouter, appendre à vivre toutes ces différences qui nous construisent et sûrement nous élèvent.